Josée la battante

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Josée Doyon (Archives de Golf Canada)

Après avoir terminé la saison d’automne de la NCAA, au sein des Golden Flashes de l’Université Kent State (Ohio), en ravissant trois titres individuels, Josée Doyon a poursuivi sur sa lancée, cette saison, en participant aux victoires de son équipe lors des tournois de la Mid-American Conference du 11 février à Bradenton, en Floride, et du 18 février à Puerto Rico.

Celle qui a remporté le titre de championne amateur du Québec l’an passé semble vouée à la réussite, et pas seulement sur les verts, mais aussi sur les bancs de l’université où elle obtiendra en mai son deuxième diplôme avec distinction, en criminologie cette fois, après un premier bac en sciences sociales.

« J’ai eu le bonheur de voir l’ensemble de mes cours au cégep reconnus à mon arrivée à Kent State », explique-t-elle humblement, sans insister sur le fait qu’elle a obtenu des notes parfaites au terme de six des sept semestres de sa scolarité supérieure.

« La langue a été un défi, au début, avoue Doyon. Même si j’avais eu la chance de fréquenter le collège anglophone Champlain St. Lawrence à Québec, réputé pour son programme de golf, ce n’est pas la même chose que de vivre tout le temps en anglais. J’admets que je revenais à la maison fatiguée, aux premières vacances. Mais tout ça, c’est du passé. Je rêve en anglais, maintenant! »

Dans sa Beauce natale, l’athlète accomplie avait d’abord tâté du hockey, sport bien plus répandu à Saint-Georges que le golf. C’est sur la glace qu’elle a développé ses capacités de gauchère, une caractéristique plus rare au golf féminin que masculin.

Pour ses parents Jean-Louis Doyon et Céline Labbé, le fait que Josée et son frère Joël soient tous deux férus de sports variés présentait un défi logistique, jusqu’au jour où les jeunes ont découvert le golf.

« Au début, nos parents nous conduisaient au Club de golf de Beauceville et on y passait nos journées, raconte Doyon. On adorait ça! Joël, qui a poursuivi ses études en gestion de parcours de golf, y est maintenant surintendant du terrain. »

Le golf devenant rapidement une passion envahissante pour les deux ados, le voyagement est revenu en tête des préoccupations parentales.

« Nos parents faisaient la navette entre Saint-Georges et Québec trois fois par semaine, même l’hiver, pour qu’on suive les cours de l’Académie de golf Fred Colgan. Cela m’a empêchée de me casser trois fois la jambe si j’avais fait du ski, grouillante comme j’étais », dit-elle en riant.

Ses succès, aux études comme au golf, Doyon les attribue à sa détermination et à sa constance au travail. Et il faut reconnaître que la vaillante jeune femme ne ménage pas ses efforts. Par exemple, le jour de l’entrevue entre deux tournois, l’un à Bradenton, en Floride, et l’autre à Puerto Rico la même semaine, elle était déjà debout à 6 heures du matin.

« À Kent State, en me levant, je vais directement au gymnase, avant les cours du matin, pour me mettre en forme, explique-t-elle. L’après-midi, je m’entraîne au golf. Après le souper, j’étudie jusqu’à l’heure du dodo, parfois tard. »

Et ce n’est pas tout! En plus d’être brillante élève et superbe golfeuse, la Beauceronne est aussi engagée socialement et réserve les rares heures de loisirs qu’il lui reste à l’action communautaire.

« J’ai deux implications sociales, précise Doyon. J’aime agir auprès de gens défavorisés et venir en aide à ceux qui ont été “poqués” par la vie. C’est très enrichissant, ça me fait du bien de faire du bien. »

C’est sans doute là que Josée Doyon puise son énergie débordante, et aussi dans la grande confiance en soi qui l’anime.

« Je suis très contente de la confiance personnelle que j’ai acquise durant mes années à Kent State, souligne-t-elle. Pas question de changer. Je suis quelqu’un de simple qui entend le rester. Mais je prends plaisir à faire toutes ces choses. »

En mai, au terme de ses études aux États-Unis, Josée Doyon pourra se consacrer à temps plein à sa carrière de golfeuse, d’abord au sein de la formation amateur d’Équipe Canada et éventuellement, à l’instar des Maude-Aimée LeBlanc, Sara-Maude Juneau et Anne-Catherine Tanguay, dans les rangs professionnels.

« J’adore la compétition, avoue la pétillante golfeuse. Je souhaite terminer à Kent State en me classant aux finales NCAA à la fin mai pour faire mes adieux en beauté à cette équipe qui est passée si près de l’emporter, ces deux dernières années. »

Pour ce qui est de son stage avec Équipe Canada cet été, Doyon s’est donné deux objectifs : « Je veux finir parmi les trois premières au championnat national, annonce-t-elle, et mériter ma sélection pour représenter le Canada aux Mondiaux qui vont se disputer au Mexique en septembre. »

Pour la golfeuse, les Mondiaux seront le tremplin qui lui permettra de se hisser chez les pros, et elle a déjà tracé son itinéraire vers la LPGA. « Je compte d’abord me rendre jusqu’à la finale des qualifications au Mexique, au moins! »

Connaissant la détermination de l’athlète et le prix d’efforts qu’elle paie son abonnement au succès, nul doute qu’elle y parviendra.


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Josée la battante

Cet article a été publié dans l’édition de avril 2016 du magazine Golf Canada. Pour lire l’article dans le format original, cliquez sur l’image à la gauche.