Équipe Canada

L’entraîneur-chef de l’Équipe Canada NextGen masculine revient sur son parcours d’entraîneur et sa première saison à la barre du programme

Matt Wilson

Matt Wilson était confronté à une décision difficile, commune à bien des gens dans la jeune vingtaine : vers quelle carrière s’orienter? Wilson avait terminé son premier cycle à l’Université de Long Island et se demandait s’il devait poursuivre ses études en s’inscrivant à une faculté de droit.

Une simple question de sa mère lui a fait comprendre qu’il valait mieux se consacrer à sa véritable passion.

« Pourquoi n’essaies-tu pas de déterminer ce que tu aimes vraiment faire? a demandé Audrey Wilson à son fils. Tu n’as jamais parlé d’études en droit comme étant une voie qui t’intéressait, de toute façon. »

Wilson savait que sa véritable passion, c’était de passer son temps sur le terrain d’exercice de golf et de donner des conseils aux gens. Sa mère a répondu en l’encourageant, et c’est dans cette direction qu’est allé Wilson; cela fait maintenant près de 20 ans qu’il est entraîneur de golf et qu’il apporte son soutien aux autres.

Maman a toujours raison…

Le cheminement de Wilson vers l’entraînement était jalonné de voies d’accès différentes qui convergeaient vers un même point. Il se souvient qu’en grandissant, il admirait beaucoup son entraîneur de golf et il sentait que celui-ci se souciait sincèrement de lui et de son évolution. Cet entraîneur, c’est Dave Woods, qui enseigne toujours le golf à l’Angus Glen Golf Club de Markham, en Ontario, et qui a même donné un cours aux jumelles de Wilson à l’âge de 8 ans pour les initier au jeu.

Si les enseignements de Woods ont aidé Wilson à progresser comme golfeur, ils ont également façonné sa façon d’envisager sa carrière et son désir de compter pour quelqu’un.

« L’une des choses les plus importantes pour moi, c’est d’entretenir une relation vraiment solide et sincère avec les joueurs avec qui je travaille », dit-il.

Wilson a entraîné des athlètes qui ont connu du succès sur plusieurs circuits professionnels, comme ceux de la PGA et de la LPGA, ainsi qu’au niveau amateur national au Canada et aux États-Unis, allant des championnats provinciaux et d’État aux tournois de l’AJGA et de la NCAA. Wilson reste en contact avec de nombreux joueurs avec lesquels il a travaillé au fil des ans et aime voir ce qu’ils sont devenus.

« L’un de mes principaux objectifs en tant qu’entraîneur est d’être une personne polyvalente, capable de travailler avec des tas de golfeurs de différents niveaux, mais aussi d’avoir les capacités et les compétences nécessaires pour les accompagner depuis leurs débuts de jeunes golfeurs et tout au long de leur parcours dans le golf junior – que ce soit au niveau local, provincial, national ou international –, puis à l’université et en tant que professionnels débutants, jusqu’aux plus hauts niveaux du sport. Et quand je pense aux entraîneurs dont je veux m’inspirer et à ce que je souhaite accomplir en tant qu’entraîneur, c’est ce qui compte le plus pour moi. »

Wilson décrit sa démarche d’entraîneur comme « s’appuyant sur les principes, pas sur les préférences ».

« Il existe certains principes communs qui ne sont pas ancrés dans le “j’aime juste mieux ça comme ça…” Ces principes ne sont pas nécessairement irréfutables, mais l’on observe que ce sont les meilleurs principes, et non nécessairement les meilleures pratiques, qui mènent à la réussite. »

« J’aime beaucoup m’intéresser aux sciences du sport, comme la biomécanique, la psychologie du sport, la force et le conditionnement, toutes ces disciplines. Elles font l’objet de recherches et de bonnes pratiques en découlent. Et ces deux aspects s’associent pour donner lieu à des principes. Ce ne sont pas vraiment des idées du genre : “je pense que ça devrait être ceci” ou “je pense que ça devrait être cela”. Ces principes s’appuient en quelque sorte sur la réalité, sur la science. »

À ce titre, Wilson est en mesure d’élaborer des plans sur mesure, ce qui lui permet d’appliquer des principes adaptés à chaque personne, sans se fonder sur ses propres préférences, et ainsi l’aider à devenir la meilleure version d’elle-même, la plus efficace.

Wilson a reçu pour son travail plusieurs distinctions notables, notamment celle de figurer parmi les « 100 meilleurs enseignants de golf d’Amérique » de Golf Magazine et d’être nommé « Meilleur jeune enseignant de golf d’Amérique » par Golf Digest, en plus de se voir décerner le titre d’Enseignant et Entraîneur de l’année de la PGA du New Jersey à deux reprises et celui d’Entraîneur de l’année de la PGA d’Ontario en 2018. Bien qu’il apprécie cette reconnaissance, il aborde son travail avec une vision très altruiste.

« Mon travail, c’est d’aider les autres, et mon rôle dans leur succès, ou la part qui me revient, est minime comparativement à leurs efforts. »

Après une absence de près de six ans, Wilson est revenu chez Golf Canada en octobre dernier. Il avait auparavant passé trois ans en tant qu’entraîneur-chef de l’équipe nationale junior féminine et directeur de la performance NextGen. Il était ensuite parti pour devenir directeur de l’enseignement au prestigieux Baltusrol Golf Club de Springfield, N.J.

Quand Wilson s’est vu offrir le poste d’entraîneur-chef de l’Équipe Canada NextGen masculine en septembre 2025, il a décidé qu’il était temps de rentrer à la maison.

« Personnellement, je suis heureux d’être de retour dans mon pays natal. Je suis très fier d’être Canadien, même si je possède un passeport américain, et c’est ici que je me sens chez moi. J’irai même plus loin : je suis extrêmement fier d’être Canadien et j’ai un immense désir d’avoir un impact positif sur le golf canadien. »

Outre cette occasion qui lui était offerte de rentrer au pays, la tâche qu’on lui confiait, celle de bâtir la prochaine vague de golfeurs canadiens dans le cadre du programme de l’Équipe Canada NextGen masculine, était trop importante pour être laissée de côté.

« Je suis stimulé par les problèmes complexes qui importent, affirme Wilson. C’est ce que j’aime résoudre : des situations où la solution compte vraiment, vraiment beaucoup. Quand je pense à la simple tâche d’élargir et d’approfondir le bassin de talents, pour que, à terme, la réussite des Canadiens au plus haut niveau du golf devienne durable et très courante, ça me donne beaucoup d’énergie. »

À l’aube de sa première année à la tête de l’équipe, l’objectif était simple et clair.

« Il s’agissait de leur inculquer une attitude positive : ce n’est ni parce qu’on est médiocres ou mauvais, ni parce qu’on n’est pas à la hauteur que le succès nous échappe. On a juste besoin de travailler, avec un peu d’aide. Ce que nous avons essayé de faire, c’est d’aider véritablement les athlètes à voir au-delà de leur niveau actuel et à rehausser leurs propres exigences. Voilà où j’en suis, voilà où je veux arriver. »

Parallèlement, établir des normes de comportement auxquelles les joueurs doivent se conformer, afin de les aider à progresser.

« Nous donnons aux joueurs les outils nécessaires et leur offrons un environnement qui les stimule et les encadre à la fois : plus grand est le nombre de personnes auxquelles nous pourrons faire vivre cela au cours de la prochaine décennie, meilleurs nous serons globalement. »

« Je ne veux pas employer le terme “culture”, mais il s’agit en réalité de mettre en place une norme, un mode de fonctionnement et des pratiques auxquels nous nous engageons à nous conformer, ce qui permettra de faire avancer les choses. »

Matt Wilson

Au cours de la dernière saison, la formation masculine d’Équipe Canada NextGen a eu de nombreuses raisons de se réjouir, en particulier grâce à la victoire de Dawson Lew au 121e Championnat canadien amateur masculin, qui s’est ajoutée à sa collection déjà bien garnie de trophées, dont celui de champion junior masculin du Canada remporté l’année précédente. Alexis Rouleau a, quant à lui, capturé deux nouvelles victoires, en plus de remporter un deuxième titre consécutif au Camp de sélection d’Équipe Canada NextGen en septembre, consolidant ainsi sa place pour 2027. Rouleau et Austin Krahn se sont tous deux classés dans le top 5 en compétition individuelle, tout en aidant le Canada, avec leur coéquipier Eddie Gu, à se classer à É2 (ex æquo en première place avant le bris d’égalité), lors de la prestigieuse Coupe mondiale Toyota au Japon. Krahn a remporté, le mois dernier, sa première victoire universitaire en tant qu’étudiant de première année à l’Université Liberty.

« Notre philosophie consiste à aider les joueurs à perfectionner toutes les habiletés secondaires qui leur permettent d’exprimer leur talent pour obtenir un meilleur score sur des parcours de golf de plus en plus difficiles, explique Wilson. Lorsque nous prenons du recul pour transposer cela à l’échelle du groupe, il est important de voir la progression de chacun, car elle ne se reflète pas toujours dans les résultats. Les jeunes golfeurs sont confrontés à un niveau de jeu plus élevé et à de meilleurs joueurs semaine après semaine, et on doit donc adopter une approche réfléchie dans l’élaboration de leur calendrier de compétition pour que ce ne soit pas la seule expérience qu’ils aient. Cet aspect est important, mais il faut également constater des résultats, et nous avons eu la chance, cette année, d’obtenir tout un tas d’excellents résultats sur le papier. »

« Je pense que si vous passez en revue l’ensemble de l’effectif et que vous observez les joueurs qui ont réellement progressé, qui ont développé certaines habiletés et aptitudes dans différents domaines, vous verrez qu’ils ont commencé à aborder le jeu d’un œil légèrement différent et se sont véritablement mis à mieux jouer plus souvent, même s’ils avaient l’impression de ne pas maîtriser ce qu’ils considéraient comme leurs meilleures aptitudes. »

Selon Wilson, le programme NextGen se trouve à un moment particulièrement prometteur pour le développement des golfeurs de haut niveau.

« L’une des analogies que je partage avec les joueurs et leurs parents est celle d’un péage. Il s’agit d’un péage comportant 28 postes de paiement, 28 voies, qui se rétrécit progressivement jusqu’à n’en compter plus que quatre : c’est là que se trouve l’essence même du golf de haut niveau. »

« Vous essayez de passer d’une route très large à une route n’ayant que deux ou trois voies, et c’est toujours ce même combat : à mesure que vous progressez, non seulement le niveau moyen de performance s’améliore – ce qui correspond à des exigences plus élevées –, mais il y a également un resserrement autour de ce niveau, ce qui signifie que tout le monde est meilleur et donc plus proche de cet objectif. Se démarquer est donc non seulement plus difficile en termes absolus, mais aussi par rapport à votre groupe de pairs. »

S’il est heureux d’être de retour chez lui et fier de ce que l’équipe a accompli cette année, il reconnaît qu’il reste encore beaucoup à faire pour maintenir cette dynamique et cette trajectoire ascendante dans le golf canadien.

« Il y a un élan formidable, un “momentum” comme on dit, et cet élan a un effet magnétique. Lorsqu’on voit le succès, l’évolution et toutes les ressources qui affluent, il est très facile de se laisser emporter par l’enthousiasme à l’idée de concrétiser cette vision, car avoir une vision est une chose, mais disposer des ressources, des outils et de la marge de manœuvre nécessaires pour la réaliser, c’est extraordinaire. »

Après une vingtaine d’années passées dans le métier d’entraîneur, sur les conseils de sa mère, qui lui avait dit « vas-y, fais ce que tu aimes », Wilson continue de se consacrer corps et âme à cette profession.

« Pour moi, la simple satisfaction personnelle que procure le fait de pouvoir accomplir cela grâce à la plateforme que Golf Canada m’a si généreusement offerte ici revêt une importance particulière. Je me réveille chaque jour en cherchant des façons d’améliorer ce programme, des manières de m’assurer que les jeunes et les athlètes reçoivent exactement ce dont ils ont besoin pour donner le meilleur d’eux-mêmes. »