Championnat canadien amateur féminin Équipe Canada Golf au Québec

Ann-Sophie Bourgault prête à relever un nouveau défi sur la scène nationale

Ann-Sophie Bourgault
Photo Bernard Brault, Golf Canada

À seulement 19 ans, Ann-Sophie Bourgault se présente au Championnat canadien amateur féminin avec un élan difficile à ignorer. La Gatinoise amorce cette semaine sa toute première participation au Championnat canadien amateur féminin au Toronto Golf Club, une nouvelle étape dans un parcours en constante progression qui la rapproche graduellement de son ambition d’évoluer un jour sur le circuit de la LPGA.

Le moment est particulièrement bien choisi. Depuis le début de l’été, Bourgault connaît la meilleure séquence de sa jeune carrière. En juin, elle a surpris plusieurs observateurs en terminant deuxième au GolfBC Group BC Women’s Open, un tournoi professionnel, tout en dominant le classement amateur. Quelques semaines plus tard, elle a attiré l’attention sur la scène internationale lors du prestigieux championnat féminin amateur en Écosse, où elle a terminé 17e avant de signer la plus importante victoire de sa carrière en éliminant l’Espagnole Paula Martin Sampedro, alors championne en titre de l’épreuve et deuxième joueuse amateur au monde.

Pour Bourgault, cette victoire a agi comme un déclic.

« Je n’avais rien à perdre tandis qu’elle avait tout à perdre, racontait-elle récemment au journal Le Droit. Même si j’étais loin d’être favorite, je me suis fait confiance et ça a payé. Tout est possible lorsque j’y crois. »

Cette confiance nouvellement acquise pourrait s’avérer précieuse cette semaine face à un tableau de compétition relevé de 156 joueuses issues de 12 pays, dont plusieurs des meilleures golfeuses amateurs au monde. Le championnat met notamment en jeu un laissez-passer pour l’Omnium féminin CPKC ainsi qu’une place au Championnat amateur féminin des États-Unis.

L’école de Golf Canada

L’ascension de Bourgault s’est accélérée depuis son intégration au programme Équipe Canada – NextGen. Originaire de Gatineau et membre du Club de golf Royal Ottawa, elle affirme que le soutien reçu de Golf Canada a transformé son développement.

« C’est un gros privilège et un honneur de représenter le Canada, explique-t-elle. Avoir des entraîneurs avec moi lors des tournois, pouvoir faire un “mental reset” après les rondes et analyser ce que je peux améliorer, c’est quelque chose que je n’avais pas avant. Ça m’a aidée énormément cette année. »

Son expérience écossaise illustre bien cette progression. Confrontée pour la première fois aux parcours de type links, au vent et à la météo imprévisible, la Québécoise a dû sortir de sa zone de confort.

« J’ai vraiment dû apprendre à frapper des coups différents. Ce sont des choses que tu ne peux pas développer uniquement à l’entraînement. »

Elle attribue également une grande partie de sa progression au travail de ses entraîneurs et à l’environnement créé au sein de l’équipe nationale. Avant son duel contre la championne en titre, Paula Martin Sampedro, un conseil de son entraîneur, Jeff MacDonald, l’a particulièrement marquée.

« Avant la ronde, Jeff nous avait rappelé que peu importe l’adversaire, si tu crois en toi, tout est possible. C’est un message qui m’a vraiment aidée. Les émotions étaient tellement intenses, mais ce dont je suis la plus fière, c’est d’être restée calme pendant les 19 trous contre Paula. Je n’avais jamais vécu quelque chose comme ça auparavant. »

Une identité bien à elle

Même si elle s’entraîne maintenant en Floride et dispute régulièrement des tournois aux États-Unis, Bourgault demeure profondément attachée à ses racines.

« Je suis vraiment fière de représenter l’Outaouais, le Québec et le Canada », dit-elle.

Sur le terrain, son style diffère de celui de plusieurs de ses rivales.

« Je ne suis pas une très longue frappeuse, reconnaît-elle. J’ai développé un bon petit jeu en grandissant. Je suis davantage une joueuse précise. Je choisis mes cibles et je m’engage pleinement dans chaque coup. »

Cette approche méthodique a contribué à la hisser parmi les meilleures golfeuses juniors canadiennes. Son palmarès comprend notamment un titre au Championnat NextGen de l’Ouest, un championnat provincial junior du Québec, ainsi que plusieurs résultats de premier plan sur le circuit junior nord-américain. Elle s’est également engagée à poursuivre son parcours universitaire aux États-Unis, une autre étape importante dans son développement vers le golf professionnel.

Un tremplin vers l’avenir

Si le Championnat canadien amateur féminin représente en soi un sommet, Bourgault y voit surtout une occasion d’apprentissage. Fidèle à la philosophie qui lui a permis de connaître autant de succès récemment, elle refuse de se laisser distraire par les attentes.

« Mon but, c’est de faire confiance à mon processus et à toute la préparation que j’ai mise dans mon jeu, explique-t-elle. Je veux avoir du plaisir et jouer le meilleur golf possible. »

Cette attitude lui a déjà permis de se qualifier pour son premier Championnat amateur féminin des États-Unis, qui se tiendra au Tennessee au début d’août. Les résultats obtenus ces dernières semaines confirment l’approche qu’elle privilégie : miser sur la préparation et l’exécution plutôt que sur les résultats.

Cette semaine à Toronto, Bourgault disputera son premier Championnat canadien amateur féminin. Peut-être pas encore comme favorite. Mais certainement comme une joueuse en pleine ascension, consciente que chaque grande étape de son parcours la rapproche un peu plus de son rêve de fouler un jour les allées de la LPGA.

Suivez les résultats d’Ann-Sophie Bourgault et des autres Canadiennes en lice cette semaine au Toronto Golf Club sur la page officielle du Championnat canadien amateur féminin.