Aussi loin qu’il s’en souvienne, le golf a toujours occupé une place importante dans la famille d’Étienne Papineau. Aujourd’hui membre de l’équipe nationale de Golf Canada au sein du programme d’Équipe Canada, le talentueux golfeur de 29 ans poursuit son rêve de pratiquer sa passion au plus haut niveau.
« Du côté de mon père, toute la famille joue au golf. Mon père, Luc Papineau, a participé à des compétitions amateurs de haut niveau, mais il n’est jamais devenu professionnel. Il m’a initié au golf vers l’âge de quatre ou cinq ans, et j’ai aimé ça dès le départ. C’est devenu ma plus grande passion », raconte Papineau.
« Je me souviens de l’avoir suivi lorsqu’il participait à des tournois. Puis, vers l’âge de neuf ou dix ans, j’ai commencé à faire de la compétition moi aussi. »
Dans sa jeunesse, Étienne pratiquait également le soccer et le ski alpin de compétition, mais au début de son adolescence, il a choisi de consacrer ses efforts au golf.
« Quand j’avais 13 ou 14 ans, j’ai été sélectionné pour Équipe Québec, j’ai déménagé à Québec et j’ai commencé à prendre le golf beaucoup plus au sérieux », se rappelle-t-il.
Pendant ses études au cégep à Québec, Papineau a connu ses premières percées importantes sur la scène junior.
À 16 ans, il a remporté le Championnat junior masculin du Québec 2013 avec une avance de 13 coups. En 2014, il a été sélectionné au sein de la formation junior de Golf Canada et a conservé son titre de champion junior masculin du Québec. Puis, à l’été 2015, l’espoir québécois a poursuivi sur sa lancée en remportant le Championnat amateur masculin du Québec.
« Mon jeu a vraiment pris son envol en 2013, lorsque j’étais au cégep à Québec. J’ai fait mon cégep en anglais parce que j’envisageais de jouer au golf universitaire aux États-Unis. Au fil des années, j’ai commencé à me dire que je pourrais peut-être faire carrière dans ce sport. »
Après ses études collégiales, Papineau a obtenu une bourse de golf à l’Université de la Virginie-Occidentale (West Virginia University).
« J’ai été très chanceux d’aller à West Virginia. J’ai eu l’occasion de jouer avec des golfeurs exceptionnels et de côtoyer certains des meilleurs joueurs du monde aujourd’hui », souligne-t-il.
« Je me souviens notamment de notre victoire au championnat de la conférence Big 12, ce qui était vraiment incroyable. Et notre entraîneur était exceptionnel. »
Tout se déroulait bien jusqu’à l’été 2020, lorsque le joueur de première division de la NCAA a commencé à ressentir des douleurs au genou, une blessure qui allait nécessiter une intervention chirurgicale plus tard cette année-là.
« J’ai décidé de subir une opération au genou en septembre 2020. Au début, j’étais inquiet de mettre trop de pression sur mon genou et il m’a fallu environ un an et demi pour récupérer complètement », raconte-t-il.
Au début de l’année 2022, le diplômé de West Virginia était rétabli et prêt à faire le saut chez les professionnels.
En janvier 2022, Papineau a signé la ronde de sa vie avec un spectaculaire 59 au Legacy Golf Club, en Arizona. Peu après, il a obtenu sa place au WM Phoenix Open grâce à la qualification du lundi précédant le tournoi.
L’entraîneur-chef de l’équipe nationale masculine de Golf Canada, Derek Ingram, se souvient bien de cet impressionnant départ chez les professionnels.
« Je me rappelle qu’il s’était qualifié pour le Phoenix Open lors de la qualification du lundi et qu’il avait aussi joué une ronde de 59 peu auparavant. Il avait travaillé très fort durant l’intersaison avec les autres membres de l’équipe nationale et avait obtenu d’excellents résultats. Il surfait sur une belle vague », affirme Ingram.
Au-delà du travail accompli durant l’intersaison, Ingram estime que certaines qualités de son jeu et de sa personnalité ont contribué à cette réussite précoce.
« Étienne est un frappeur de balle très constant. Il est athlétique, frappe droit depuis le tertre de départ et possède une distance légèrement supérieure à la moyenne. Il atteint beaucoup de verts en coups réglementaires et se donne de nombreuses occasions d’oiselets. Son jeu sur les verts fonctionne par séquences. Lorsqu’il est en confiance avec son fer droit, il peut connaître beaucoup de succès et se retrouver en position de gagner », explique Ingram.
« Comme personne, il est très réfléchi. Il dégage une belle énergie, a une attitude positive et un excellent sens de l’humour. Son approche du jeu est discrète, mais empreinte de confiance. »
Après une première saison professionnelle solide en 2022, l’année suivante s’est avérée encore meilleure.
En juin 2023, Papineau a remporté sa première victoire professionnelle sur ce qui était alors le PGA TOUR Canada. Grâce à un résultat cumulatif de moins 18, il a remporté le Royal Beach Victoria Open par cinq coups. Le Canadien a ensuite terminé au troisième rang du classement de la Coupe Fortinet, ce qui lui a permis d’obtenir un statut sur le Korn Ferry Tour pour la saison 2023-2024.
« Je pense que la plus grande différence entre ma première et ma deuxième saison chez les professionnels a été mon état d’esprit. J’ai commencé à croire davantage en moi. Quand tu crois en tes capacités et que tu as confiance en ton approche, tout devient possible », affirme Papineau.
Après une saison 2025 difficile, le Canadien de 29 ans évolue cette année sur le PGA TOUR Americas et a récemment retrouvé son élan. En juin, il a pris le deuxième rang à égalité au Championnat Inter Rapidísimo, en Colombie. Plus récemment, il a remporté l’Omnium Osprey Valley à l’issue d’une prolongation de deux trous.
Actuellement cinquième au classement par points du PGA TOUR Americas avec cinq tournois à disputer, il est en excellente position pour de nouveau rejoindre le Korn Ferry Tour à la fin de la saison. Pour Ingram, toutefois, l’histoire de Papineau ne se résume pas à son rang au classement. Il voit en lui un joueur doté de la résilience, de l’éthique de travail et du talent nécessaires pour retrouver sa place parmi l’élite du golf.
« Il peut regarder des joueurs comme Taylor [Pendrith] et Mackenzie [Hughes] et comprendre que le succès ne se construit pas du jour au lendemain. Il peut aussi regarder des gars comme A.J. [Ewart] et Sudarshan [Yellamaraju] et se dire : “Je m’entraîne et je compétitionne régulièrement contre eux. Je peux les battre et ils peuvent me battre. S’ils ont réussi, moi aussi je peux y arriver.” »
« Je sais qu’il a dû surmonter des blessures et qu’il a toujours travaillé très fort sur son jeu. À mon avis, il a largement le niveau pour devenir un solide joueur du PGA TOUR un jour. »


